• Poésie

     NUITS D’ANGOISSE

     
    Blanche jument le cauchemar de mes nuits noires
    Qui m’agresse et m’impose ses galops au hasard
    Affole dans ma tête à mes tempes le sang
    Déclenche ses tempêtes en un rythme obsédant

    Me giflant au visage reproche oubli regret
    Elle me jette des sorts elle a le mauvais oeil
    Elle me fait traverser des torrents de feu et de fumée
    Elle se gorge d’orgueil m’étouffe de ses deuils

    Elle file au hasard dans brumes et brouillards
    Insaisissable elle m’étreint me laissant au matin
    Cernée d’insatiables remords et vidée épuisée
    Elle me jette prostrée en travers du chemin

    Désemparée la tête basse de guerre lasse
    Je dors peu je m’inquiète je la guette
    La jument noire de mes nuits blanches
    Me précipite en des rafales de hantises grises

    Et mes sourdes angoisses à chaque instant qui passe
    Au sablier du temps prennent des proportions voraces
    Ce temps indéfini marqué par la clepsydre
    Qui me fait face me dévore et menace tel une hydre
     
    Blanche jument de mes nuits noires ma rossinante
    Ses exploits me défient et ses échecs me hantent
    De ses sabots d’argent crépitant d’étincelles
    Mesure le temps qui file et fuit à tire d’aile

     © Hélène De Man 2012
                                  
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    Claudine Gilson

     

  • Poésie

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    LE PAS

    Est-il quelqu’un qui les écoute
    Tous ces pas sur tant de routes
    Et si moi je guette un pas
    En est-il d’autres dans mon cas

    Car pour te fuir ombre muette
    Solitude ombre lancinante
    Serais-je bien la seule qui guette
    Un pas dans le soir et l’attente

    Est-il quelqu’un derrière la vitre humide
    Un être seul et inconnu pour m’attendre
    Et qui souvent dans l’ombre vide
    Tressaille au moindre écho qu’il croit surprendre

    Comment savoir vers où aller
    Et reconnaître la porte où frapper
    Je suis sûre qu’il existe pourtant
    Cet être seul et qui m’attend

    Et nous trouvant un jour radieux
    Pour joindre enfin nos solitudes
    Nous serons mille ou cinq ou rien que deux
    C’en sera fait de l’inquiétude

                                                                              Hélène De Man